Un peu d'histoire...

Avant de devenir le Pass, le site était un charbonnage et s'appelait Crachet Picquery. Dès le 13ème siècle, on y exploite du charbon, d’abord de manière artisanale. L’exploitation est florissante aux 18ème et 19ème siècles, ainsi qu'au début du 20ème. Puis la crise charbonnière se fait sentir. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, on investit dans de toutes nouvelles installations... ce qui n'empêche pas la fermeture en 1960.

Quand le Belvédère s'appelait la Recette

Jusqu'en 1960, le Belvédère, ce bâtiment en brique entourant le châssis à molettes, constituait la  "Recette aérienne" du charbonnage. A son niveau, l'ascenseur assurait la descente des wagonnets vides et la réception des wagonnets pleins de charbon brut provenant du fond. Sans aucune intervention humaine, ceux-ci étaient expulsés de la cage de l'ascenseur et s'acheminaient sur des rails placés en pente légère vers une passerelle aérienne menant au bâtiment de triage, où le contenu du wagonnet était culbuté, lavé, trié et calibré. Une fois vides, les wagonnets retournaient, via la passerelle, vers la Recette. Là, un système mécanique les entraînaient dans la légère montée vers l'ascenseur où ils s'encastraient. Cette passerelle aérienne a inspiré l'architecte pour la création de la Pass'erelle actuelle.

Le puits d'extraction n°11 (Saint- Ferdinand)

Si au début de l'exploitation charbonnière, il s'agit de ramasser le charbon dans les veines en affleurement ou à faible profondeur, on estime qu'au 16ème siècle, la profondeur moyenne des fosses atteint 70 mètres. On ne trouve pas de trace officielle de la création du puits N°11. On peut estimer que son creusement soit antérieur, mais en 1883, d'après les premiers écrits qui le mentionnent, sa profondeur atteint 418 mètres, pour un diamètre de 3,5 mètres. Les étages d'exploitations sont aux niveaux de 333, 341 et 407 mètres. En 1950, une rénovation porte sa profondeur à plus de mille mètres, pour un diamètre de 5,3 mètres. Le puits dessert alors 3 niveaux : 430, 976 et 1.030 mètres. Il fournira des charbons gras excellents pour la fabrication du coke jusqu'au 16 juillet 1960, date de sa fermeture.

Le Châssis à molettes

Au 19ème siècle, le puits N°11 est équipé d'une machine d'extraction horizontale à 2 cylindres beaucoup moins haute que la structure actuelle. Le dispositif est un bâti supportant deux poulies plates appelées "molettes". Un treuil est installé à proximité immédiate, dans l'axe du châssis à molettes (qui est aussi l'axe du puits). Il se compose d'un axe horizontal portant deux tambours pour câble plat. Deux câbles sont renvoyés vers le puits par l'intermédiaire de ces molettes. Ils s'y enroulent en sens contraire : la remontée d'un câble entraîne la descente du second, assurant la montée et la descente des deux cages fixées à leurs extrémités. L'énergie nécessaire est fournie par une machine à vapeur. Les cages servent à remonter la houille et à transporter ouvriers et matériel.

Le Châssis à molettes actuel a été construit en 1947. Le nouveau chevalement, d'une hauteur totale de 64 mètres, fut mis en activité en 1950 et classé le 8 septembre 1989. Il est entièrement métallique. Il présente une structure "en treillis" et ses pièces constitutives furent assemblées par rivets. Le projet et l'étude de base furent élaborés par la "Société Cockerill", propriétaire et exploitant du site. L'exécution fut confiée aux "Ateliers d'Enghien Saint-Eloi", le montage exécuté par les "Ateliers métallurgiques AM", certains éléments furent construits par les "Ateliers de Baume" (La Louvière) et les "Ateliers de Marpent" (Nord de la France). Ce nouveau châssis supporte deux molettes, de 6,90 mètres de diamètre, superposées et placées dans un même plan vertical. Equipées de gorge, elles sont conçues pour l'utilisation de câbles ronds en acier dénommés "poulies Koepe". A chaque extrémité du câble était fixée une cage d'extraction qui pouvait contenir 12 berlines de 800 litres chacune et assurait une production journalière de 400 à 560 tonnes. Ce châssis à molettes reste le dernier vestige de la production charbonnière dans la région de Mons-Borinage.

La Salle des machines

A l'époque de l'exploitation, ce bâtiment comprenait une machine d'extraction électrique à poulie KOEPE, commandée par un moteur groupe Ward-Léonard d'une puissance de 2.400 chevaux et d'une capacité de 1.000 tonnes. Ce système, mis au point en Allemagne par Freidrich Koëpe, transmettait le mouvement à un câble rond d'extraction qui s'enroulait dans la gorge d'une grande poulie et, à sa suite, dans les molettes du châssis. Les cages de l'ascenseur étaient fixées à chaque extrémité de ce câble et un second câble plat fixé au plancher de chacune des cages assurait l'équilibre et évitait le patinage au démarrage. Un indicateur de position schématisait la position des cages et permettait à l'unique machiniste de les amener aux différents envoyages, lieu de départ des galeries au fond du puits.